La légende des dix ans : d’où vient cette règle ?
Évoquer le Riesling Grand Cru d’Alsace à table, c’est immédiatement déclencher une salve de questions : "Doit-on vraiment attendre dix ans pour le boire ?", "Que se passe-t-il vraiment en cave ?", "Les arômes sont-ils toujours meilleurs après une décennie d’attente ?". C’est presque un rite initiatique, ce fameux seuil des dix ans, transmis de génération en génération, aussi bien sur les terrasses des winstubs que dans les profondeurs des caves voûtées. Mais cette règle des dix ans, est-elle aussi universelle qu’on veut bien le croire ?
Petit retour sur l’origine de ce précepte. Dans les années 80-90, nombre de vignerons affirmaient fièrement que leurs grands vins étaient bâtis pour défier le temps. Certaines maisons prestigieuses, comme la famille Trimbach ou Zind-Humbrecht, proposaient des Rieslings d’une garde effarante (> 20 ans). L’exigence des concours, le respect du terroir, les techniques de vinification soignées ont forgé cette réputation – à raison : le Riesling Grand Cru s’avère l’un des cépages blancs les plus aptes à la garde au monde (source : Master of Wine Jancis Robinson).
Entre mythe et réalité, entre plaisir immédiat et apogée patiemment attendue, la question mérite tout de même qu’on prenne le temps de déboucher un débat… et pourquoi pas une belle bouteille.