L’évolution en bouche : une expérience sensorielle renouvelée
Une particularité avec le Pinot Gris d’Alsace réside dans sa capacité à exprimer une texture changeante : souple, presque grasse dans sa jeunesse, le vin se tend, s’étire, comme une étoffe qui aurait été patinée par les années. Les sucres résiduels se fondent – ou s’intègrent dans les vins doux – laissant la minéralité et l’acidité “nettoyer” le palais. Là où certains cépages rechignent à vieillir (certains Pinot Blancs, Muscats), le Pinot Gris dévoile une facette presque méditative dans sa maturité, propice à la réflexion comme aux accords inattendus (miser, par exemple, sur un vieux Comté affiné, une terrine de gibier, ou un curry léger…).
D’après une étude menée par l’INRA en 2018 (INRA Alsace), plus de 65% des dégustateurs professionnels trouvent dans un Pinot Gris ayant dépassé dix ans des arômes difficiles à retrouver dans les premières années (noix, badiane, chocolat blanc…), ce qui explique son intérêt croissant sur les grandes tables étoilées.